J'écris un texte.
Mais qu'est-ce que j'écris, au fait ?
Je suis une fille, une fillette, une femme, une ado, une gamine, une vieille, une âgée, une modeste, une maniaque... J'ai beau chercher où je me situe dans tout cela, aucuns mots ne conviennent, comme si ce que je cherchais vraiment n'existait pas, il était juste ce mot inscrit au fond de moi sûrement, mais impossible à décoder. Mais au fond de quoi au juste ? Je crois que je me pose beaucoup trop de questions. Mais qui est donc cette fille si singulière, si peu commune aux autres "filles" de mon âge ? Je me lève avec peine après une nuit éprouvante à me remuer sans cesse, sans cesse, sans cesse... je me regarde dans le miroir, les cheveux encore ébouriffés. Mais qui suis-je donc ? Je n'arrive plus à me distinguer dans tout ce monde, ce monde bizarre, étrange dirai-je. J'ai l'impression de me fondre dans la masse. Ne trouvez vous pas que la vie est étrange ? Je ne sais pas comment distinguer le pourquoi du comment, tout à coup, je vois, oui je vois. Je regarde mes yeux de mon miroir, ma tête n'arrête plus de tourner à présent, mais je m'obstine, je regarde toujours, comme une tourbillon qui m'enveloppe, les idées fusent tout à coup, comme un éclair, un bond que j'aurai peut-être réussi à franchir. Puis je vois clairement. Je vois ce qui ne va pas : je suis triste. Oui, moi aussi, je me demande de quoi puis-je bien me plaindre, énormément de gens voudraient avoir ce que j'ai en ma possession, avec une facilité si incroyable : la santé, la vie, une bonne condition de vie.. Mais pourtant quelque chose manque à toutes ces si belles choses qui m'entourent, quelque chose de si important, quelque chose que beaucoup de gens en connaissent la source, mais moi, justement cette source, je n'arrive pas à la "décoder". Mais qu'ai-je donc ? QU'AI-JE DONC ? Ne devrais-je pas me contenter de sourire comme je le faisais si bien les jours auparavant ? Qu'est-ce qui a changé en moi ? Quelque chose en moi que j'ai si nettement ressenti ? Enfait, non, je ne le ressens pas très bien, c'est trop flou, si vague... N'avez-vous jamais eu ce sentiment, cette sensation de vouloir sourire, n'importe quoi, faire toutes les choses possible pour obtenir le contentement de la personne en face de vous, le vouloir tellement que l'on y arrive pas au bout du compte, c'est trop dur, on peine à sourire, on peine, on peine, sourire, sourire, souris bon dieu ! Qu'est-ce que tu as à perdre ma p'tite ? Hein ? Ne devrais-je pas me contenter de sourire bêtement, en gardant mon mal au fond du coeur sans agir vraiment ? Le mot "sourire" est sûrement celui que j'emploie le plus, mais je ne l'exécute pas, et je souffre. Cela servirait-il à quelque chose ? Est-ce la bonne solution ? Malgré mes peines, on voit que j'ai mal, je voulais tellement qu'on ne le remarque pas, je ne voulais pas chagriner, ne voulais encore moins d'histoires, juste qu'on m'aide en me fichant la paix, c'est très complexe, ma vie est étrange, je suis étrange moi-même, je crois bien...
Je m'étends de tout mon long sur mon lit, celui qui, ressemblant étrangement à celui de l'hôpital de grand-mamy, encore défait, je réfléchis. Je cherche au plus profond de moi la cause du malêtre qui m'ennivre maintenant depuis bien trop longtemps, ce que j'avais vraiment sur le coeur, l'origine de cette chose si étrange. Puis, je souffle sur un dernier soupir : "Ca y est, j'ai trouvé ! Peut-être que..."